Psycho-spiritualité : définition et bypass spirituel

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La psycho-spiritualité est une approche qui travaille simultanément sur deux dimensions de l'être humain : la dimension psychologique (l'ego, l'inconscient, les blessures d'enfance, les croyances, les parts de soi) et la dimension spirituelle (le Soi profond, la nature véritable). Ce n'est pas une discipline nouvelle, mais c'est une approche que peu de praticiens intègrent vraiment dans leur travail.

Si tu as cherché "psycho-spiritualité" ou "accompagnement psycho-spirituel", c'est probablement parce que tu sens que quelque chose manque dans ce que tu as déjà exploré. Peut-être que tu as fait de la thérapie "classique", du coaching, des retraites, des formations, et qu'il y a encore ce quelque chose qui ne s'est pas vraiment dénoué à l'intérieur de toi. 

Dans cet article, je vais t'expliquer ce que veut vraiment dire l'approche psycho-spirituelle, pourquoi la plupart des gens n'en travaillent qu'une moitié (sans le savoir), et ce que ça change concrètement dans un accompagnement.

Les deux dimensions de l'être humain

Deux silhouettes face à deux tableaux représentant l'âme humaine et l'âme spirituelle - illustration psycho-spiritualité et les deux dimensions de l'être humain

Pour moi, l'être humain est traversé par deux grandes dimensions qui coexistent, et qui ont chacune leur logique propre.

D'un côté, il y a ce que j'appelle l'âme humaine. C'est la partie de nous qui est connectée au corps, aux émotions, aux pensées, aux comportements. C'est là que vivent nos croyances fondamentales, nos blessures d'enfance, nos dynamiques relationnelles, notre identité construite, nos désirs et nos peurs. C'est aussi là que vivent les différentes parts de nous-mêmes : ce que Jung appelait les sous-personnalités, l'ombre et le persona. Ces parts ont été formées en réponse à des expériences souvent douloureuses, refoulées ou partiellement intégrées, et elles continuent de piloter nos comportements d'adulte bien longtemps après que la situation initiale a disparu.

De l'autre côté, il y a ce que j'appelle l'âme spirituelle. C'est la part de nous qui communique par les intuitions, les rêves, les synchronicités, les prémonitions. C'est ce que Jung appelait le Soi, ce que les traditions de sagesse appellent la nature véritable, le "Je Suis". C'est une dimension qui n'a pas peur de la mort, qui ne dépend pas des opinions des autres, qui n'a pas besoin de faire ses preuves. Et qui, pour beaucoup de gens, est profondément enfouie sous des années de conditionnements, d'adaptations et de survie relationnelle.

L'approche psycho-spirituelle, c'est de travailler les deux simultanément, parce que l'une sans l'autre ne suffit pas.

Le premier piège : chercher la paix spirituelle sans aller voir les blessures

Je vois régulièrement en diagnostic des personnes qui ont un long parcours spirituel derrière elles. Des années de méditation, des retraites bouddhistes, des cercles de pleine conscience, une pratique quotidienne sérieuse. Et qui, malgré tout ça, restent bloquées dans des schémas qui ne changent pas. Elles s'épuisent au travail mais n'arrivent pas à poser des limites. Elles savent qu'elles se sabotent mais ne comprennent pas pourquoi. Elles ont une forme de paix intérieure pendant leur méditation, et puis la vie reprend et les mêmes réactions reviennent.

Le psychothérapeute John Welwood a nommé ce phénomène le "bypass spirituel". L'idée, c'est que la spiritualité peut devenir, sans qu'on s'en rende compte, une stratégie d'évitement du travail psychologique. On cherche à se connecter à quelque chose de plus grand, à transcender la souffrance humaine, à atteindre un état de paix et de présence, et c'est une aspiration qui est réelle et légitime. Sauf que parfois, cette quête devient une façon de ne pas aller voir ce qui fait mal en dessous.

Je le vois à certains signaux assez précis. Quand je demande à quelqu'un s'il a travaillé sur son enfance, sur ses blessures d'enfant intérieur, et qu'il me répond "ah mais le passé c'est le passé, ce qui compte c'est l'instant présent", c'est souvent un signal. Le moment présent utilisé comme raison de ne pas aller voir le passé, ça devient une forme de déni habillé en sagesse.

Il y a aussi ce que j'appelle l'ego spirituel. C'est une part de nous qui va s'emparer de la quête spirituelle et en faire un objectif à atteindre, une identité à construire. "Je veux m'éveiller. Je veux atteindre l'illumination. Je veux devenir un être de lumière." Et là, paradoxalement, c'est encore l'ego qui est aux commandes, mais avec des habits spirituels. L'ego spirituel est particulièrement difficile à voir parce qu'il a toutes les apparences de la sagesse.

Une image me vient souvent pour expliquer ça. Imagine qu'à l'intérieur de toi, il y ait des déchets qui sentent mauvais. Des souffrances, des blessures, des traumatismes qui n'ont pas été vus, pas été guéris. Le bypass spirituel, c'est un peu comme mettre une bâche par-dessus, avec des bougies parfumées et de l'encens, pour que ça ne se sente plus. Et ça fonctionne, un temps. Mais la vie est bien faite : à un moment, la bâche se troue. Une rupture, un licenciement, une maladie, une perte. Et tout ce qui avait été mis sous le tapis remonte. C'est d'ailleurs exactement ce que vivent les personnes qui traversent ce qu'on appelle une nuit noire de l'âme.

Le deuxième piège : travailler sur soi sans jamais toucher le spirituel

Silhouette en costume sur un podium entourée de trophées et pièces d'or - développement personnel et vide intérieur malgré le succès extérieur

L'erreur inverse existe aussi, et c'est celle que j'ai faite moi-même pendant longtemps.

J'ai commencé le développement personnel très jeune, vers 14 ans, pour surmonter une timidité profonde. Et pendant des années, j'ai travaillé essentiellement sur l'aspect psychologique, mais dans une direction très particulière : celle de développer mon ego, d'atteindre des objectifs, de construire une réussite extérieure. Le développement personnel classique, en quelque sorte.

Et j'ai atteint ce que je voulais. La reconnaissance, le statut social, les possessions matérielles, les marqueurs de succès que la société valorise. Mais quand j'y suis arrivé, je ressentais un vide intérieur que je n'arrivais pas à expliquer. Je n'étais jamais vraiment satisfait. Je me comparais aux autres. J'avais toujours des pensées négatives malgré les résultats. Et je me disais : mais je comprends pas, le développement personnel était censé me rendre heureux.

C'est là que j'ai commencé à m'intéresser aux traditions de sagesse spirituelle. Et j'ai compris quelque chose qui a tout changé : si j'avais ce vide, c'est parce que je n'avais pas été connecté à une part de moi qui est immortelle, qui n'a pas peur de la mort, qui est ma nature véritable au-delà de tous les conditionnements. Un retour à la vérité de ce que je suis vraiment, en dehors de tout ce qu'on m'avait appris à être.

Et là, pour la première fois, j'ai fait les deux simultanément : le travail psychologique (revoir les croyances, comprendre comment je m'étais construit, guérir certaines relations et certains schémas) et le travail spirituel (se demander, au fond, qui je suis vraiment au-delà de tout ça).

Ce que j'ai réalisé, c'est que le côté psychologique est indispensable pour se connecter au côté spirituel. Parce que tant qu'on est complètement conditionné, tant qu'on ne sait pas qui on n'est pas, il est difficile de savoir qui on est vraiment. Le travail psychologique permet de décoller les couches : les croyances héritées de l'enfance, les injonctions familiales et sociales, les comportements construits pour recevoir de l'amour. Et à force de déconditionner, on finit par toucher quelque chose de plus essentiel, quelque chose qui était là depuis le début mais que toutes ces couches avaient recouvert.

Comme le disait Jung : rendre l'inconscient conscient. Parce qu'une fois qu'on sait qui on n'est pas, on peut commencer à se demander : qui suis-je vraiment ?

Ce que ça donne concrètement : l'histoire de Grégory

Grégory est un bon exemple de ce que l'approche psycho-spirituelle change vraiment, parce que son cas illustre exactement pourquoi les deux dimensions sont indissociables.

Quand il est venu me voir, il avait derrière lui plus de quinze ans de pratiques spirituelles sérieuses. Pas quelqu'un qui avait fait deux week-ends de développement personnel et qui cherchait une solution rapide. Quelqu'un qui avait aspiré très jeune à suivre un chemin spirituel, presque religieux, et qui avait investi énormément de temps et d'énergie dans sa quête. Programmation du subconscient, travail sur les croyances, cercles spirituels, connexion à quelque chose de plus grand que lui. Il cherchait vraiment, et sincèrement.

Sauf que quand on a commencé à travailler ensemble, j'ai vu assez vite qu'il n'était jamais vraiment allé voir son enfant intérieur. Toute cette énergie investie pour aller vers le haut, vers la lumière, vers des états de paix et de connexion, et aucune énergie investie pour aller voir ce qui vivait en bas, dans les parts de lui qui étaient restées bloquées dans le passé. Et le résultat, c'est que malgré tout ce parcours, il avait beaucoup de mal à s'affirmer au travail. Il s'excusait constamment, presque d'exister.

Dans mon travail, et c'est le cœur de ce que j'ai formalisé dans la méthode Double Diamant Transformationnel®, je passe par la visualisation et le dialogue intérieur pour aller chercher ces parts-là directement dans l'inconscient, parce que c'est là qu'elles vivent, pas dans les pensées conscientes. Et pour Grégory, on est allé voir les parts de lui qui vivaient encore dans des dynamiques d'enfance, des choses liées à son frère, à sa famille, des moments qui avaient laissé une empreinte profonde et que toutes ses années de pratique spirituelle n'avaient pas touchés.

Ce qui s'est passé ensuite, c'est ce que je vois régulièrement quand le travail touche vraiment le bon niveau : les comportements ont changé sans qu'il ait eu à se forcer. Il a commencé à s'affirmer naturellement, à prendre sa place sans s'excuser. Et ce qu'il dit dans son témoignage, c'est quelque chose qui me touche toujours : "Maintenant je m'aime, et je peux dire je suis amour, mais c'est sincère. C'est pas dans la tête. C'est réel."

C'est exactement ça la différence. Pas une paix construite sur une bâche avec des bougies parfumées par-dessus. Une paix qui vient de l'intérieur parce que ce qui était en dessous a vraiment été vu et libéré.

Si tu veux comprendre concrètement comment se déroule un accompagnement de ce type, j'ai créé un document qui explique en détail ma façon de travailler.

Le témoignage de Grégory

Grégory nous partage sa transformation intérieure en vidéo

Questions fréquentes

La psycho-spiritualité, c'est une thérapie ou du coaching ?

C'est ni tout à fait l'un ni tout à fait l'autre, et c'est d'ailleurs pour ça que j'utilise le terme de coaching thérapeutique à approche psycho-spirituelle. Je ne suis pas thérapeute au sens clinique du terme, mais mon travail touche à des couches de la psyché qui vont au-delà de ce que le coaching classique explore. Ce qui compte, c'est que l'accompagnement soit adapté à ce que la personne vit, et pas enfermé dans une case qui limiterait où on peut aller.

Est-ce que je dois avoir un background spirituel pour travailler avec toi ?

Non, vraiment pas. Certaines personnes qui viennent me voir n'ont jamais fait de méditation, n'ont aucun intérêt particulier pour la spiritualité, et trouvent quand même que l'approche leur correspond. Ce qui compte, c'est la présence d'un blocage réel, d'un tiraillement intérieur, de schémas qui se répètent malgré un travail sérieux sur soi. La dimension spirituelle dans mon travail, ça n'a rien d'ésotérique : c'est simplement se demander qui on est vraiment au fond, au-delà de tout ce qu'on a appris à être.

Qu'est-ce que le bypass spirituel exactement ?

Le terme vient du psychothérapeute John Welwood. C'est le fait d'utiliser des pratiques spirituelles, consciemment ou non, pour éviter de faire face à des douleurs psychologiques ou émotionnelles non résolues. On cherche la paix, l'éveil, la connexion à quelque chose de plus grand, et dans ce mouvement-là on contourne ce qui fait vraiment mal. Ce n'est pas une critique de la spiritualité, c'est juste l'observation que la spiritualité peut parfois fonctionner comme un mécanisme d'évitement si le travail psychologique n'accompagne pas.

Est-ce que l'approche psycho-spirituelle fonctionne pour les profils très rationnels et intellectuels ?

C'est même souvent là qu'elle fonctionne le mieux. Mon approche passe principalement par la visualisation et le dialogue intérieur plutôt que par les approches corporelles ou émotionnelles directes. Les profils intellectuels, les cadres, les dirigeants, les personnes qui vivent beaucoup dans leur tête, accrochent bien à ce type de travail parce qu'il mobilise leur capacité de représentation mentale et leur intelligence, sans les demander de "lâcher prise" de façon abstraite.

Psycho-spiritualité et thérapie holistique, c'est la même chose ?

Pas exactement. La thérapie holistique est un terme parapluie qui désigne toute approche qui prend en compte l'être humain dans sa globalité — corps, mental, émotions, énergie. La psycho-spiritualité s'inscrit dans cette vision holistique du bien-être spirituel, mais elle a une spécificité : elle travaille explicitement sur l'articulation entre la dimension psychologique et la dimension spirituelle. Ce n'est pas simplement une approche de bien-être ou d'équilibre émotionnel, c'est un travail de fond sur l'inconscient et sur la nature véritable de la personne. On pourrait dire que la psycho-spiritualité est une forme de thérapie holistique, mais avec une profondeur et une direction précises.

Quelle est la différence entre développement personnel et croissance personnelle psycho-spirituelle ?

Le développement personnel classique travaille essentiellement sur la conscience, les comportements et les objectifs. C'est utile, mais ça reste en surface. La croissance personnelle dans une approche psycho-spirituelle va plus loin : elle vise une transformation intérieure réelle, une évolution de la conscience spirituelle qui ne dépend pas de la volonté ou des efforts. Ce n'est pas "devenir une meilleure version de soi-même", c'est découvrir qui on est vraiment au-delà de tous les conditionnements. L'alignement spirituel qui en résulte est durable parce qu'il vient d'un niveau que la volonté seule ne peut pas atteindre.

En quoi l'accompagnement psycho-spirituel est différent d'une thérapie classique ?

La thérapie classique travaille principalement sur la conscience et sur la compréhension des mécanismes. On explore le passé, on comprend comment il influence le présent, et ça aide. Ce que j'apporte en plus, c'est un travail direct sur l'inconscient et sur les parts de soi qui sont encore bloquées dans des expériences passées, et une dimension spirituelle qui va au-delà de la compréhension pour toucher à quelque chose de plus fondamental dans l'identité de la personne. La différence n'est pas dans l'un est mieux que l'autre, elle est dans la profondeur à laquelle on peut aller.

Jean-Luc Ratiskol - coach en développement spirituel

JEAN-LUC RATISKOL

Jean-Luc Ratiskol est coach en transformation intérieure depuis 2020 et créateur de la méthode du Double Diamant Transformationnel®. Il accompagne celles et ceux qui tournent en rond malgré des années de travail sur eux-mêmes, tiraillés entre deux parts contradictoires, à identifier et libérer les schémas inconscients qui bloquent leur transformation.

Ayant vécu sa propre transformation intérieure, il aide ses clients à se libérer des conditionnements et schémas inconscients qui les empêchent de s’accomplir pleinement.

Son approche de coaching thérapeutique à dimension psycho-spirituelle combine coaching, thérapie, spiritualité, guérison intérieure et éveil de conscience pour des transformations durables.

Certifié en préparation mentale (Dr. Sylvain Baert - Ecoazen), formé en coaching, PNL et spiritualité, il est reconnu pour ses capacités intuitives.

Résultats : Plus de 40 transformations accompagnées • Note 4.8/5 sur TrustPilot (43 avis) • Intervenu sur le podcast Osez by Nico

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