Conflit intérieur : ce qui se passe vraiment (et comment en sortir)

Pour plus de contenus sur ces sujets-là, je t’invite à aller sur ma chaîne Youtube.

Un conflit intérieur, c'est la tension entre deux parts de toi qui veulent des choses incompatibles, et qui ont chacune leurs propres croyances, leur propre logique, leur propre histoire. Tu le vis probablement de cette façon : tu sais ce que tu veux, ou du moins tu crois le savoir, et par ailleurs, il y a quelque chose en toi qui résiste, qui freine, qui s'oppose. Et peu importe combien de fois tu as essayé de le résoudre, ça revient parce que ces deux parts n'ont pas encore vraiment été entendues l'une et l'autre.

Dans cet article, je vais te donner ma vision de ce qu'est réellement un conflit intérieur, pourquoi certaines approches peinent souvent à le dénouer durablement et comment je travaille avec mes clients pour aller vraiment à la racine.

Réponse courte : Un conflit intérieur vient de deux parts de toi qui portent des intentions et des croyances contradictoires, souvent construites bien durant ton enfance. Le résoudre durablement demande d'aller parler directement à ces parts, pas à "toi" en général.

Ce que tu vas découvrir dans cet article :

  • Un conflit intérieur, ce n'est pas un problème de clarté ou de décision, c'est une guerre intérieure entre des parts de toi qui ont des intérêts opposés
  • Ces parts ont chacune leur propre logique, et souvent elles vivent encore dans le passé : la part qui résiste aujourd'hui raisonne peut-être comme tu raisonnais à 7 ans, dans une réalité qui n'existe plus
  • Pourquoi le développement personnel ne résout pas un vrai conflit intérieur, et ce qui manque
  • Comment le travail avec les parts inconscientes permet une résolution durable, pas juste un apaisement temporaire

Ce qu'est vraiment un conflit intérieur

Deux silhouettes abstraites se faisant face, séparées par une ligne verticale, illustrant la tension entre deux parts intérieures opposées

Quand quelqu'un me dit qu'il a un conflit intérieur, ce que j'entends, c'est qu'il y a deux parts de lui qui ont des intentions et des intérêts divergents. Il y a une part qui veut aller dans une certaine direction, et une autre part qui veut aller ailleurs, et c'est exactement ça qui crée cette sensation de tiraillement permanent.

Je dis souvent à mes clients que le conflit intérieur, c'est la même chose que les conflits qu'on observe dans le monde extérieur. Tu prends n'importe quel conflit entre deux groupes : il y a des intérêts différents, des visions du monde différentes, des croyances incompatibles. Et bien à l'intérieur de toi, c'est identique, sauf que les protagonistes ne sont pas des groupes mais des parts de ta personnalité, ce que Jung appelait les sous-personnalités, ce que Richard Schwartz dans l'IFS ou Hal et Sidra Stone appellent les "parts".

Chaque part porte une vision du monde, des croyances, une logique de survie qui lui est propre. Et quand deux parts ont des logiques incompatibles, elles se combattent. De l'intérieur, ça ressemble exactement à ce que tu décris : "je veux mais je ne veux pas", "je sais que je devrais mais je n'arrive pas", "je prends une décision et trois jours après je la remets en question".

C'est littéralement une guerre intérieure entre des entités qui ont chacune des raisons profondes d'avoir raison, et ni la clarté ni la volonté n'y changent grand chose.

Comment un conflit intérieur se manifeste concrètement

Je le vois régulièrement en diagnostic. Le conflit intérieur prend des formes très différentes selon les personnes, mais il y a des schémas qui reviennent presque systématiquement.

Il y a les personnes qui n'arrivent pas à prendre une décision pourtant "évidente" (changer de travail, quitter une relation, lancer un projet) et qui repoussent depuis des mois ou des années malgré une clarté intellectuelle sur ce qu'il faudrait faire. Il y a celles qui prennent la décision, puis qui font marche arrière quelques semaines plus tard, et qui recommencent le cycle indéfiniment. Il y a aussi celles qui avancent dans une direction et se sabotent au moment précis où ça devrait fonctionner, comme si une part d'elles tirait le frein à main juste avant l'arrivée.

Et puis il y a une forme plus silencieuse, que je rencontre souvent chez les personnes qui ont déjà beaucoup travaillé sur elles-mêmes : une fatigue intérieure permanente, une impression de se battre contre soi-même sans vraiment savoir contre quoi, et une forme d'épuisement qui vient de ce combat qui ne s'arrête jamais vraiment.

Ce qui est commun à tous ces cas, c'est que la part qui résiste n'est pas irrationnelle. Elle a ses raisons, et ces raisons viennent presque toujours de quelque chose qui s'est construit très tôt, souvent dans l'enfance, comme une stratégie de survie qui avait du sens à l'époque. C'est ce qu'on appelle l'enfant intérieur, ces parts de nous qui portent encore les croyances et les peurs d'avant, et qui continuent à nous gouverner bien après que la situation initiale a disparu.

L'exemple du consultant qui n'arrivait pas à décider

Un homme à son bureau face à deux chemins visibles par une fenêtre, l'un éclairé l'autre dans l'ombre, symbolisant l'indécision chronique

J'ai accompagné un entrepreneur, consultant en marketing, qui faisait ça depuis plus de huit ans. Il gagnait très bien sa vie, avait voyagé partout, réalisé tout ce qu'il s'était fixé au départ. Sauf qu'à un moment, l'activité ne le nourrissait plus vraiment, et depuis des années, il avait un attrait profond pour le trading, les marchés financiers, les matières premières, qu'il n'arrivait jamais à vraiment explorer.

Ce qu'il vivait comme un conflit intérieur, c'était ça : une part de lui qui disait "je sens que c'est là, je veux aller vers ça", et une autre part qui répondait "mais tu vas perdre de l'argent, tu vas réduire ton train de vie, et ça c'est un échec cuisant, une honte". Il y avait toute une architecture de croyances autour de la perte, autour de ce que ça signifierait de réduire son chiffre d'affaires.

Et ça faisait trois ans qu'il répétait "il faudrait que je le fasse" sans jamais prendre la décision, pas par manque de courage ou de clarté, mais parce qu'il y avait une part de lui qui avait des raisons très profondes de résister, et tant qu'on n'avait pas travaillé avec cette part directement, la décision restait impossible.

On a travaillé sur la part qui avait peur de perdre de l'argent, on est allés voir d'où elle venait, ce qu'elle portait, ce qu'elle essayait de protéger. Et après ce travail, il a pris une décision claire, définitive, consciente. Pas sous le coup d'une inspiration ou d'un élan temporaire : une vraie décision. Quelque chose qu'il était incapable de faire depuis trois ans.

Pourquoi le développement personnel ne résout pas un conflit intérieur profond

La limite des approches classiques sur le conflit intérieur, c'est avant tout une question de conception de l'être humain.

Si tu conçois l'être humain comme un être monolithique, un seul "moi" unifié avec une volonté et une identité stables, tu vas travailler sur cet être-là en général. Tu vas essayer de le clarifier, de le motiver, de lui donner de meilleurs outils, de nouvelles croyances. Et ça peut aider pour certaines choses. Mais pour un conflit intérieur profond, ça ne suffit pas, parce que tu ne travailles pas sur la part qui résiste. Tu travailles sur l'ensemble, et la part qui crée le conflit continue à faire ce qu'elle a toujours fait.

Le développement personnel travaille principalement à développer notre partie égotique, la part qui porte notre identité consciente, nos objectifs, notre "moi" social. Et il ne va pas forcément aller résoudre les vrais conflits intérieurs, ceux qui se jouent entre des parts inconscientes avec des logiques complètement différentes.

Ce que j'ai compris au fil des années, c'est qu'en coaching, il ne faut pas coacher "la personne en général", il faut coacher la part qui résiste. S'adresser directement à elle, comprendre ce qu'elle veut, ce qu'elle défend, pourquoi elle s'oppose. Pas pour la convaincre, pas pour la forcer, mais pour vraiment l'entendre, parce que ces parts résistent justement parce qu'elles n'ont jamais été entendues.

Ce que j'ai vécu moi-même

Une figure entre deux identités — un outil de design d'un côté, une main qui guide de l'autre, symbolisant la transition intérieure

Pendant plus de dix ans, j'ai été designer, notamment UX designer pour des start-up et des grandes entreprises. J'étais bien installé dans cette identité. Et à un moment, j'ai senti que quelque chose m'appelait vers l'accompagnement, vers le coaching. J'avais commencé à faire des séances gratuitement pour tester, et je savais que c'était là.

Sauf qu'il y avait une grande part de moi qui s'opposait complètement. Designer, artiste, c'était ce que j'étais. Et passer de là à "coach", c'était une tout autre identité, et le mot lui-même était tellement connoté à l'époque : charlatan, gourou, dérives en tout genre. Il y avait eu des films, des articles, tout un écosystème qui rendait ce mot problématique. Et une part de moi disait : "c'est pas ce que tu dois faire, c'est pas ce que tu es."

Alors j'ai oscillé pendant des années. Je me lançais dans le coaching, puis je revenais vers le marketing digital, les tunnels de vente, quelque chose qui restait dans une zone plus "sûre". Et tous les six mois à peu près, le cycle recommençait.

Ce que j'ai compris en travaillant sur moi-même, c'est que la part qui résistait avait une peur réelle : la peur du rejet, de l'humiliation, d'être traité d'escroc par des personnes qui ne me connaissaient pas. Cette part portait quelque chose de très ancien, qui venait de bien avant le projet de coaching. Et c'est seulement quand j'ai été voir cette part-là, quand je lui ai vraiment donné de la place et de l'attention, que j'ai pu embrasser pleinement ce que je fais aujourd'hui.

Comment je travaille

Ce que j'appelle le Double Diamant Transformationnel, c'est une approche en plusieurs temps qui part toujours de la même conviction : on ne peut pas résoudre un conflit intérieur en parlant à la personne en général. Il faut aller directement à la rencontre de la part qui s'oppose.

La première chose, c'est la connexion. Pas une technique compliquée, juste poser son attention et son intention sur cette part. Se dire : "je souhaite me connecter avec cette part de moi qui porte cette croyance, qui résiste, qui s'oppose." Et ça suffit, la plupart du temps, pour entrer en contact. C'est ce que l'IFS de Richard Schwartz appelle le "Self", cette capacité naturelle qu'on a tous à se désidentifier d'une part pour entrer en relation avec elle, plutôt que de continuer à s'y identifier complètement.

Une fois la connexion établie, j'initie un dialogue. Je me place comme facilitateur, et je vais commencer à poser des questions à cette part : qu'est-ce qu'elle veut dire, d'où vient sa croyance, pourquoi elle s'oppose à ce que la personne adulte aujourd'hui veuille aller dans cette direction. L'idée n'est pas de la convaincre, ni de la forcer à changer. C'est de vraiment comprendre sa logique, parce que cette logique existe, même si elle est souvent issue d'une réalité qui n'existe plus depuis longtemps.

Deux figures abstraites en dialogue silencieux, l'une plus petite représentant l'enfant intérieur, illustrant le travail avec les parts

Et c'est là quelque chose d'important : ces parts ont souvent la logique d'un enfant de sept ans. Elles ont été construites à une époque précise, dans un contexte précis, avec les moyens de survie disponibles à l'époque. Mais elles continuent à fonctionner de la même façon des décennies plus tard, même si la personne a 45 ou 50 ans et que ses parents ne sont parfois plus là depuis longtemps. Cette part vit encore dans cette maison, avec ces règles, dans cette dynamique familiale qui n'existe plus.

Quand la part commence à se sentir entendue et comprise, quelque chose se détend. Et là, on peut commencer à l'aider à voir les choses différemment, pas un recadrage cognitif forcé, mais une invitation à regarder si cette vision du monde est encore vraie aujourd'hui. Et une fois que la part accepte de se libérer de ce fardeau, quelque chose se passe, souvent dans le corps, d'une manière ou d'une autre, et la croyance se dissout.

C'est un travail qui demande du temps, qui n'est pas linéaire, et qui ne se fait pas facilement seul. Mais c'est un travail accessible à tout le monde, parce que cette capacité à dialoguer avec ses parts, on l'a tous naturellement. Personne ne nous l'a appris, c'est tout.

Le signe que quelque chose a vraiment changé

Grégory nous partage sa transformation intérieure en vidéo

Ce que j'observe chez mes clients quand le conflit se résout vraiment, c'est très factuel : il n'y a plus de blocage pour prendre une décision.

Pour le client que j'ai évoqué plus tôt, ça s'est manifesté de manière très concrète : après notre travail ensemble, il a pris la décision d'arrêter une partie significative de son activité pour se consacrer au trading. Une décision claire, définitive, consciente, quelque chose qu'il repoussait depuis trois ans. Pas sous l'effet d'un enthousiasme passager, mais avec la solidité de quelqu'un qui a résolu quelque chose en lui.

Les clients me rapportent aussi une légèreté intérieure. Moins de jugements, moins de combats permanents, une forme de paix avec soi-même qui n'était pas là avant. Certains me disent qu'ils se surprennent eux-mêmes : ils font naturellement quelque chose qu'ils n'arrivaient pas à faire avant, sans effort conscient, sans avoir à se forcer. C'est ce moment que j'aime appeler "je m'épate moi-même" : quand le changement est si profond qu'il surprend la personne elle-même.

Ce que j'aimerais que tu retiennes

Une figure qui avance légèrement, posture ouverte et lumière subtile au niveau du cœur, symbolisant la libération intérieure

Si tu es en train de lire ça, c'est probablement que tu vis ce tiraillement depuis un moment, et que tu en as assez. Que tu as essayé des choses, que tu comprends intellectuellement ce qui se passe, et que malgré ça, ça ne bouge pas vraiment.

Ce n'est pas parce que tu ne fais pas les bons efforts. C'est parce que le conflit intérieur ne se résout pas depuis l'extérieur du conflit. Il faut aller à l'intérieur, à la rencontre des parts qui se battent, et leur donner ce qu'elles n'ont jamais eu : de l'attention, de la compréhension, et parfois simplement d'être entendues.

Foires aux questions sur les conflits intérieurs

Qu'est-ce qu'un conflit intérieur en psychologie ?

En psychologie, un conflit intérieur désigne la tension entre deux tendances, besoins ou croyances incompatibles qui coexistent en nous. Dans l'approche que j'utilise, inspirée de l'IFS de Richard Schwartz et du Voice Dialogue, ce conflit se joue entre des parts de la personnalité qui ont chacune leur propre logique, leurs propres croyances et leurs propres intentions, souvent construites dans l'enfance, bien avant que nous puissions en décider consciemment.

Comment savoir si on a un conflit intérieur ?

Les signes les plus courants sont l'incapacité à prendre une décision malgré une apparente clarté, la répétition des mêmes schémas même quand on veut faire autrement, la sensation permanente d'être "tiraillé" entre deux directions, et le fait de comprendre intellectuellement ce qu'il faudrait faire sans pouvoir vraiment le faire. Si tu tournes en rond sur un sujet depuis des mois ou des années malgré le travail que tu as déjà fait, c'est souvent le signe qu'il y a un conflit entre des parts qui n'ont pas encore été entendues.

Pourquoi le conflit intérieur est si difficile à résoudre seul ?

Parce qu'on essaie généralement de le résoudre depuis notre partie consciente et rationnelle, en cherchant plus de clarté, en analysant, en prenant des décisions. Mais les parts qui créent le conflit sont inconscientes et ont leur propre logique qui ne répond pas à la raison. C'est un peu comme essayer de résoudre un conflit entre deux personnes en parlant à une seule d'entre elles : ça ne marche pas vraiment, parce que l'autre n'est pas dans la pièce.

Quelle est la différence entre un conflit intérieur et un dilemme ?

Un dilemme, c'est un choix difficile entre deux options externes (deux emplois, deux villes, deux projets). Un conflit intérieur, c'est plus profond : ce ne sont pas des options qui s'opposent, ce sont des parts de toi qui portent des visions du monde et des croyances incompatibles. Le dilemme se résout souvent avec de l'information ou de la réflexion. Le conflit intérieur demande un travail sur les parts elles-mêmes.

Combien de temps faut-il pour résoudre un conflit intérieur ?

Ça dépend de l'ancienneté et de la profondeur du conflit. Certains conflits se désamorcent en quelques séances quand les parts en présence sont bien identifiées et accessibles. D'autres, qui touchent à des blessures d'enfance profondes ou à des traumatismes de développement, demandent un travail plus progressif. Ce que j'observe, c'est que le changement réel, celui qui tient dans le temps, vient toujours du moment où la part qui résiste a vraiment été entendue, pas seulement comprise intellectuellement.

Jean-Luc Ratiskol - coach en développement spirituel

JEAN-LUC RATISKOL

Jean-Luc Ratiskol est coach en transformation intérieure depuis 2020 et créateur de la méthode du Double Diamant Transformationnel®. Il accompagne celles et ceux qui tournent en rond malgré des années de travail sur eux-mêmes, tiraillés entre deux parts contradictoires, à identifier et libérer les schémas inconscients qui bloquent leur transformation.

Ayant vécu sa propre transformation intérieure, il aide ses clients à se libérer des conditionnements et schémas inconscients qui les empêchent de s’accomplir pleinement.

Son approche de coaching thérapeutique à dimension psycho-spirituelle combine coaching, thérapie, spiritualité, guérison intérieure et éveil de conscience pour des transformations durables.

Certifié en préparation mentale (Dr. Sylvain Baert - Ecoazen), formé en coaching, PNL et spiritualité, il est reconnu pour ses capacités intuitives.

Résultats : Plus de 40 transformations accompagnées • Note 4.8/5 sur TrustPilot (43 avis) • Intervenu sur le podcast Osez by Nico

Mon Linkedin

Ma chaîne Youtube

Jean-Luc Ratiskol

RTKL CONSULTING © 2025